À des milles bien au-delà du continent
Bientôt engloutie par la frénésie des flots
Pour ces messieurs les géographes
Je ne suis qu'un point sur une carte

Même pour Christophe et Fernand
Je n'étais qu'un insignifiant îlot
Aucun marin n'y a son cénotaphe
Jamais n'y échoue la moindre jubarte

Loin du regard méfiant des sages vigies
Ma visite ne suscite aucun viatique
Et sans vouloir offenser Alfred Wegener
Il me lasse tant de dériver sur un globe

Parfois tempête me chante son élégie
Mais le vent n'est que sirène mélancolique
Et ne m'attire que d'ignobles containers
Pour moi commence une nouvelle aube