L'effaroucheur
Inanna | 18/09/2026Disposé à l'écart de la paroisse
Visage déformé par les saisons
Mes loques effraient avec déraison
Il faut que ma vêture inspire angoisse
Veilleur détourné d'un monde fantasque
Vague silhouette humaine en détresse
Je cède volontiers à la paresse
Sans qu'un regret dénature mon masque
Mes guenilles flottent au vent léger
D'aucun ne s'émeut de ma servitude
Et je vis pleinement ma solitude
Nul voyage je ne peux espérer
Qu'importe qu'il pleuve qu'il neige ou vente
De début de printemps en fin d'hiver
Mes deux bras restent largement ouverts
Et font toujours figure d'épouvante
Quand le printemps explose de merveilles
Les récoltes je veille sans clamer
Les protégeant des corbeaux affamés
Que mes pupilles charbon noir surveillent
Si au-devant des beautés verdoyantes
D'aventure mes yeux prennent couleur
Mes larmes irisées ne sont que leurres
Et ma bouche cousue jamais ne chante
Mon cœur n'est que simple fétu de paille
Au milieu des blés je suis solitaire
Où je persiste à veiller sur la terre
Dans ce champ je ne suis qu'épouvantail